« Et les êtres, tous tant qu’ils sont, sont traversés par l’âme

comme les perles par le fil. »

_ Dhyanabindu Upaniṣad

Qu’est-ce qu’un mālā ?

Un mâlâ (qui est féminin et signifie « guirlande » en sanskrit), est un collier composé de 108 perles . 108 est un nombre sacré en Inde (et ailleurs…) qui réunit en un seul nombre le 1er de l’Unité, le zéro du néant et le 8, symbole de l’infini si on le met à l’horizontale. Et, une fois le cercle fermé, le mâlâ lui-même devient un symbole d’éternité, qui n’a plus ni début ni fin…

Ces 108 perles individuelles sont parfois (comme je le fais) séparées par des noeuds symbolisant l’espace de silence qui existe entre les pensées… Les noeuds facilitent également la manipulation de votre mâlâ puisqu’il est aussi et surtout un véritable outil et compagnon de méditation. 

Comment méditer avec un mālā ?

Méditer avec un mâlâ est très simple et très agréable.

C’est le principe du « rosaire », beaucoup utilisé dans la tradition bouddhiste également. Vous prenez votre mâlâ dans la main droite, pompon vers vous. Entre le pouce et le majeur, tenez la première perle : celle se trouvant à la droite de la plus grosse perle, qu’on appelle Perle-Guru (la perle du guide spirituel) ou Perle-Meru (la perle de la montagne, la perle de l’axe du monde). On évitera juste d’utiliser l’index qui représente l’ego. Vous allez maintenant faire coulisser les perles entre vos doigts jusqu’à la dernière, et à chaque perle, vous allez – à voix haute ou mentalement – réciter, dire « quelque-chose » : ce peut être un mantra que vous avez reçu, un mot ou une phrase qui fait sens pour vous, une intention. C’est ce que l’on appelle en sanskrit faire « japa », littéralement « répéter », « murmurer », mais vous pouvez aussi, pourquoi pas, chanter !

A chaque perle, vous dîtes par exemple :

OM (le son universel)

OM SHANTI (paix)

OM MANI PADME HUM (oh, le joyau dans le lotus)

SO HAM (je suis cela)

Ou : je suis en pleine santé physique et mentale

Ou tout simplement : MERCI, MERCI, MERCI…

Lorsque vous arrivez à la dernière perle (il faut disons entre 20 et 40 minutes, selon ce que vous dîtes), vous avez répété votre phrase 108 fois et votre méditation, c’est le plus probable, peut s’arrêter-là (vous pouvez bien-sûr, rester dans cet espace de calme et de silence qui s’est installé) mais ne passez pas par-dessus la Perle-Meru… Si vraiment vous voulez repartir « pour un tour », repartez dans l’autre sens et à nouveau jusqu’au Meru.

Au fur et à mesure de vos méditations, votre mâlâ va se charger de l’intention que vous formulez, et il vous suffira bientôt de le tenir entre vos mains pour « rappeler cette énergie » quand vous en aurez besoin. Certaines personnes l’emmènent dans leur sac à main pour pouvoir le sentir si elles se trouvent mal à l’aise. Personnellement je n’aime pas trop emmener mon mâlâ à l’extérieur et je préfère le garder dans l’atmosphère protégée de notre studio ou de notre maison.

Où se procurer un mālā ?

Vous trouvez des mâlâs à vendre en ligne sur de nombreux sites. Sachez que j’en fabrique aussi, avec beaucoup de soin et de conscience… Mes mâlâs sont en pierres semi-précieuses*, vous pouvez donc les porter en collier pour les vertus de leurs pierres, ou bien les utiliser pour méditer. Je les noue entièrement à la main, et il me faut à peu près deux heures (et quelques ampoules !) pour confectionner chaque pièce – qui est unique il va sans dire, je ne refais jamais deux fois exactement le même mâlâ… N’hésitez pas à me contacter si vous souhaiter voir ceux que j’ai « en stock » actuellement.

* Note : du fait de leur caractère naturel, ces pierres semi-précieuses peuvent présenter de légères variantes, irrégularités ou aspérités qui font aussi le charme et l’originalité de votre mâlâ…

Comment choisir son mālā ?

Un seul conseil : à l’intuition ! Notre mental aurait tendance à vouloir faire des recherches sur les vertus des pierres et à choisir en fonction de ce qu’il estime être nos besoins par rapport à ça ou en fonction des couleurs que l’on préfère, mais je pense que se laisser guider par son intuition, par son oeil, par sa main est une meilleure option qui nous aidera à répondre à un besoin plus profond. Vers quel mâlâ est-on attiré est la seule vraie question à se poser. Et souvent, le premier repéré est le bon. J’ai coutume de dire qu’en réalité on ne choisit pas son mâlâ, mais que c’est lui qui nous choisit !

Comment recharger son mālā ?

De temps en temps (quand vous y pensez en général c’est que c’est le moment de le faire), il faudra recharger votre mâlâ car les pierres absorbent beaucoup les énergies extérieures et il faut en quelque-sorte les «rafraîchir » et les nettoyer.  Comment ? Et bien cela dépendra des pierres… Certaines se rechargent au soleil, d’autres à la lune ou dans de l’eau. Vous pouvez également déposer votre mâlâ au pied d’une plante ou d’un arbre si vous avez un jardin privatif. 

Il existe aussi une pierre que l’on peut qualifier de « chargeur universel », et c’est l’améthyste (cette magnifique pierre violette qui existe en druses – morceaux ou géodes, sortes de petites grottes émaillées)… Vous pouvez donc poser votre mâlâ sur ou autour d’une druse ou géode si vous avez cela à la maison et si votre collier contient des perles d’améthyste, il n’aura pas besoin d’être rechargé…

Anatomie de mes mālās :

Lorsque je confectionne un mâlâ, je choisis donc 108 pierres + une 109ème, plus grosse (la Perle-Méru). J’inclus parfois (mais pas toujours…) quatre perles marqueur pour scander les 7èmes et 21 ou 28èmes perles, ces chiffres étant traditionnellement utilisés dans les pratiques méditatives. Cela permet de s’arrêter à 7 ou 21 répétitions si l’on n’a pas le temps ni l’habitude d’aller à 108 ou bien se savoir « tactilement » où l’on en est si l’on va au bout du collier. Chaque mâlâ se termine par un «pompon» ou «tassel », toujours en coton ou bambou pour ceux que je fabrique, et qui représente notre lien, notre connexion à… quelque-chose de plus grand que nous, une dimension qui nous dépasse et à laquelle vous donnez le nom qui vous convient.

Je prends soin de nouer ce tassel en équilibrant les noeuds pour le masculin et le féminin, ainsi qu’en intégrant un tour de fil pour chacun des 5 éléments (ils sont cinq pour les indiens : la terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther). Porté, le mâlâ est aussi un instrument d’équilibre. Pour finir je coupe «tout ce dont la personne n’a plus besoin»… Voilà, c’est tout un processus, tout un rituel et chaque geste est symbolique. Je ne « charge » pas les mâlâs d’une intention en les réalisant, ce sera à vous de le faire et de vous approprier votre collier en répétant votre phrase. Je les confectionne simplement dans une atmosphère méditative, empreinte de sérénité et je souhaite que ce « collier d’intention » vous en apporte beaucoup…

« Peu importe combien de fois tu le noues, 

le fil reste toujours un. »

_ Rumi